
Pocket Monster, Galerie Montanaro. Mulhouse
Pocket Monster, Caisse des Depots et Consignations. Paris
Etre imaginaires dotés de super pouvoirs, les pokemon s’apparentent aux divinités d’une religion polythéiste. Cependant, les hommes représentés dans la fiction pokemonale sont les maîtres de ces divinités, qui sont en fait des animaux domestiques dont l ‘évolution est conditionnée par le dressage. Cette fiction repose sur la volonté fétichiste et inassouvie des hommes d’apprivoiser et d’éduquer sans cesse ces créatures divines. Dans le cas des Pocket Monster, la volonté materialiste d’instrumentaliser des divinités a un caractère infantile. Ces nouvelles idôles sont des jouets de couleurs vives, aux formes arrondies.
L’idôlatrie pokemonale élève au rang de divinités des créatures imaginaires, pour mieux les dominer .Les 151 modules de l’installation représentent une forme générique épurée pour
former toute la famille des pokemon. Le principal représentant recouvert de laque noire est denué de tout ornement perdant ainsi sa spécificité pour n’être plus qu’une quintescence de pokemon.Il s’agit de mettre l’accent sur le phenomène idolâtre lui-même.
En montrant l’animal domestique sous une forme terrifiante, il place les spectateurs devant leur sombre passion. Car sous couvert d’amusement, les pokemon illustrent cette volonté humaine de maitriser toute choses. Il nous montre que nous sommes encore assujettis à nos esclaves.
Dans le monde entier, les pokemon sont reproduits à l’infini sur un nombre vertigineux de produits dérivés. Ce phénomène de mode n’échappe pas au processus de reproductibilité industrielle.Par opposition chaque pièce de l’installation est unique. Pur, uniforme et intense, le noir brillant fait référence au deuil en occident et à la laque asiatique.
L’installation Pokemonster dans sa totalité est composée de 151 sculptures d’une hauteur respectives de 30 cm. Leur caractère générique offre une infinité de possibilités de spatialisation.